Le 26 juillet 2026, le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a inscrit les anciennes capitales d’Asuka et de Fujiwara sur la Liste du patrimoine mondial. Situé dans la partie méridionale du bassin de Nara, cet ensemble constitue un témoignage majeur de la période durant laquelle se mettent progressivement en place les structures politiques, administratives et religieuses de l’État japonais.
À retenir : avec cette nouvelle inscription, le Japon compte désormais 27 biens inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, dont 22 biens culturels.
Deux capitales au cœur de la formation du Japon ancien
Asuka et Fujiwara correspondent à deux centres politiques successifs qui ont joué un rôle déterminant dans l’histoire ancienne de l’archipel japonais.
La période associée à Asuka s’étend principalement de 588 à 694, avant que Fujiwara ne devienne le centre du pouvoir entre 694 et 710. Cette séquence historique précède directement l’installation de la capitale à Nara, puis, quelques décennies plus tard, le développement de Kyoto comme centre politique durable du pays.
L’ensemble inscrit par l’UNESCO regroupe dix-neuf composantes. On y trouve notamment des vestiges de palais et de bâtiments administratifs, des temples bouddhistes ainsi que des tumulus funéraires.
L’émergence d’un État centralisé
L’intérêt historique d’Asuka et de Fujiwara dépasse largement la seule conservation de vestiges archéologiques. Ces sites permettent d’observer la transformation progressive du pouvoir politique japonais et l’apparition d’un système de gouvernement davantage centralisé.
Cette transformation s’accompagne notamment de l’adoption du ritsuryō, un système juridique et administratif inspiré de modèles continentaux. Il contribue à organiser le gouvernement, l’administration du territoire et les rapports entre le pouvoir central et les populations.
L’UNESCO souligne ainsi que les vestiges d’Asuka et de Fujiwara permettent de comprendre l’introduction puis la consolidation de plusieurs éléments fondamentaux du gouvernement centralisé dans l’archipel.
Un Japon ancien profondément connecté à l’Asie
Cette inscription rappelle également que la formation du Japon ancien ne s’est pas déroulée de manière isolée.
Les évolutions politiques, religieuses et administratives de cette époque sont étroitement liées aux échanges entretenus avec la péninsule coréenne et la Chine. Les modèles institutionnels venus du continent sont progressivement adaptés aux réalités de l’archipel japonais.
Le développement du bouddhisme constitue l’une des manifestations les plus visibles de ces circulations culturelles. Asuka abrite notamment le site d’Asuka-dera, considéré comme le premier grand temple bouddhique du Japon.
Un héritage qui dépasse Asuka et Fujiwara
Les transformations engagées durant cette période influenceront profondément les capitales japonaises qui suivront.
L’organisation politique et urbaine développée à Asuka puis à Fujiwara participe ainsi à la formation des modèles qui seront ensuite déployés à Nara et à Kyoto. L’inscription au patrimoine mondial permet donc de mettre en lumière une période charnière, souvent moins connue internationalement que celles associées aux grandes capitales historiques japonaises.
En reconnaissant leur valeur universelle exceptionnelle, l’UNESCO consacre non seulement un ensemble archéologique majeur, mais également un témoignage de la manière dont le Japon s’est progressivement constitué comme État au sein d’un espace est-asiatique marqué par d’importantes circulations politiques, religieuses et culturelles.
Sources : Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO ; Agence japonaise pour les Affaires culturelles ; ministère japonais des Affaires étrangères.